Gradiva : marbre fascinant, ravissant de blancheur, fascinant jusqu’à vivre ;
vie blêmissant jusqu’au marbre, attendant, mélancoliquement, qu’une pluie de cendre la vienne ensevelir.
Gradiva : « celle qui resplendit en marchant »
Georges Didi-Huberman

Le colloque international "Orphée, entre soleil et ombre", organisé par l'IART et la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, aura lieu à l'Institut Catholique de Toulouse les 16 et 17 novembre 2007.

L'approche pluridisciplinaire que propose ce colloque repose d'évidence que les diverses représentations du mythe dans des domaines aussi divers que ceux des Beaux Arts, de la Littérature, de la Musique, de la Théologie.
Autour de ces quatre axes, la figure mythique s'éclaire de regards différents qui tenteront de lui restituer toute sa plénitude. Les Arts ont représenté la complexité de l'Orphée solaire par qui rayonne l'unité première des Arts à l'Orphée brisé, déchiré par les Bacchantes et pleurant sans fin Eurydice."

Tristan Grünberg, quant à lui, suivra les différentes étapes de "La Passion d'Orphée" dans L'Homme à la peau de serpent de Sydney Lumet.
Les Journées d'études "La Dislocation", organisées par l’Equipe d’accueil Histoire culturelle et sociale de l’art, Paris 1 (CIRHAC et Arts, politique, institutions), se tiendront les 29 et 30 juin à l'INHA, salle Jullian.

Tristan Grünberg y interviendra le 29 juin sur les mécanismes de la hantise au cinéma, dans un parcours menant du Secret derrière la porte de Fritz Lang au Voyage de Félicia d'Atom Egoyan, en passant par Martha de Fassbinder.
Le Symposium "Ages d'or, décadence et nostalgie", organisé par le centre de recherche L.C.E.M., aura lieu les 15 et 16 mars 2007 à l'Université du Littoral Côte d'Opale - Boulogne sur mer.

L'intervention de Tristan Grünberg, intitulée "Baroque, fantômes et nostalgie dans l'oeuvre de Rainer Werner Fassbinder",, portera sur la "Trilogie allemande" du réalisateur (Le Mariage de Maria Braun, Lola, une femme allemande et Le secret de Veronika Voss.)
Le colloque international "Villes dans le noir", organisé par l'Institut de Recherches et d'Etudes
Culturelles (IREC), se tiendra les 15 et 16 février 2007 à l'Université Paul Valéry - Montpellier III. Ce colloque "voudrait être l'occasion de dresser un état des lieux des recherches accomplies et des horizons neufs
dessinés par la réflexion sur le genre "Noir", dont la ville semble être un critère premier, tout en étant pour les auteurs une source d'inspiration. Le colloque se propose d'aborder différents
domaines : la littérature, le cinéma, la bande dessiné, sans limitation de nationalité."Tristan Grünberg y interviendra notamment sur Alphaville de Jean-Luc Godard, dans une communication intitulée "Soleils noirs : mélancolie de la lumière."
L'ouvrage "Les Images honteuses" réunissant les actes, ainsi que de nombreux articles inédits, du colloque organisé en novembre 2005 par le CRIR à l'Institut National d'Histoire de l'Art vient de paraître aux éditions "Champ Vallon"
"Il y a des images propres à représenter la honte et, à
côté, des images éhontées, enfin des images qui éprouvent, en leurs plis, la honte. Dira-t-on que notre culture se plaît à jouer avec l'impudeur, l'opprobre, l'abjection ? Cherche-t-elle à les
piéger ou à les exalter ? Que signifie la tentation du snuff movie ; ces films "interdits" qui veulent capter le travail du trépas sur les visages ou dans les postures ultimes, et ainsi porter
atteinte à ce qui est au plus profond de l'être, à l'identitaire ?C'est de "la gale de la psyché", de l'esthétique du laid devenu "trash", "destroy", apologie de l'immonde qu'il est ici question. "Rougir de honte" est devenu désuet, quand, aujourd'hui, on peut "mourir de honte" à force d'humiliations ou d'affronts existentiels. La "machine à faire de la merde" de Delvoye, les anatomies falsifiées de condamnés à morts dues à G. von Hagens mettent en scène l'homme-détritus, alors que d'autres artistes, se confrontant à la terreur de la psychose ou aux images du Goulag, voire d'Auschwitz, cet "anus du monde", parviennent, quant à eux, à sublimer le sordide en tragique. Sont étudiées ainsi parmi beaucoup d'autres les oeuvres de plasticiens (Zoran Music, David Nebreda), d'écrivains (Chalamov, Tisma), de cinéastes (Bela Tarr, Fassbinder, Haneke, etc.).
Aux multiples domaines de l'art s'appliquent les diverses interrogations propres aux siences humaines : histoire des mentalités, esthétique, psychanalyse. Les réponses semblent contrastées : perte de repères, absence d'idéal, violence contenue dans l'acte de voir, déni de la honte, valorisation du passage à l'acte, transparence de l'intime. En définitive, y aurait-il une émotion spécifique aux images honteuses ? Quels en seraient alors le destin et la fonction ?"
Textes de :
Bruno-Nassim Aboudrar, Paul Ardenne, Claude Balier, Georges Banu, Gérard Bonnet, Marie-Camille Bouchindomme, Baptiste Debicki, Paul Denis, Martine Edrosa, Virginie Foloppe, Murielle Gagnebin, Cécile Giraud, Tristan Grünberg, Gladys Jarreau, Isabelle Kamieniak, Jean-Pierre Kamieniak, David Lengyel, Jean-Louis Leutrat, Ophir Levy, Corinne Maury, Julien Milly, Georges Nivat, Guivaine Rochedy, Corinne Rondeau, Gwenaël Tison, Corinne de Thoury, Gérard Wajcman.
L'ouvrage collectif "La Chair à l'image",
dirigé par Steven Bernas et Jamil Dakhlia, réunissant les actes du colloque ayant eu lieu à l'université de Nancy II en juin 2005, vient de paraître
aux éditions l'Harmattan.Cet essai, qui interroge les mises en crise des re-présentations du corps, questionne l'image picturale, photographique, cinématographique, vidéo, dans une démarche théorique mélant esthétique et poïétique.
L'article de Tristan Grünberg, "L'érotisme de la peau attaquée", s'attache à l'analyse de la représentation du sacrifice dans "Blonde Vénus" et "Shanghai Gesture" de Josef Von Sternberg et "Martha" de R. W. Fassbinder, trois films où la mise à nu rejoue la mise à mort, où l'image elle-même, gangrenée, léprosée, claustratrice, finit par s'ouvrir devant les yeux du spectateur
Gradiva : du marbre à la chair
La Gradiva qui donne son nom à cette association est une
figure féminine fascinante.

Protéiforme, gardienne du seuil entre morts et vivants, véritable "image dialectique" faisant coïncider l'Autrefois et le Maintenant (W.
Benjamin), la Gradiva, "celle qui resplendit en marchant", traverse les siècles et les esprits, sous la forme d'un bas-relief ou d'une apparition fantastique au coeur des ruines pompéiennes,
réveillant les souvenirs enfouis et ranimant les vestiges d'un passé sous silence.
Le roman
Elle prend vie en 1903 sous la plume du romancier allemand Wilhelm Jensen. Cette "Fantaisie Pompéienne" nous raconte
comment un jeune archéologue, Norbert Hanold, absorbé entièrement par son entreprise intellectuelle, se laisse détourner de son chemin par la démarche gracieuse et
atypique d'une jeune femme. Le drame de Norbert commence alors. Car cette délicate demoiselle n'est pas de chair et d'os. Gravée à même le
marbre d'un bas-relief, cette image est à jamais arrêtée dans le temps et l'espace.
Toujours marchant et toujours immobile.
Le jeune homme, littéralement obsédé par cette image, la laisse hanter ses journées, ses nuits et ses rêves.
Pris de frénésie, fuyant pour mieux la retrouver, Norbert finit par échouer à Pompéi, décor étrange des apparitions nocturnes précédentes de la belle.
C'est alors qu'à midi, "heure des spectres", devant les yeux grands ouverts du raisonnable archéologue, surgit Gradiva, qui non seulement s'approche du jeune homme mais lui adresse la
parole.
Rêverie, hallucination, apparition fantastique ou merveilleuse, Gradiva est tout cela à la fois, et bien plus encore....
Freud et Gradiva
Si l'oeuvre de Jensen est ainsi passée à la postérité, c'est en partie grâce à la qualité de son récit, qui joue (et déjoue) de toutes les limites.
Limites romanesques d'abord, qui mènent le roman à la frontière ténue où se rencontrent conte merveilleux, nouvelle fantastique et pastorale bucolique.
Limites spatio-temporelles ensuite, qui conduisent Norbert de l'Allemagne du XXè siècle à l'Italie du Ier siècle.
Cet effacement des barrières rend les mondes perméables entre eux : le rêve fait irruption dans la réalité, l'image s'incarne sous les auspices d'Eros et Thanatos se promenant main dans la main
dans les ruelles de Pompéi.
Il n'en fallait pas plus à l'inventeur de la psychanalyse pour
s'intéresser de plus près à cet intriguant récit. Sigmund Freud publie
ainsi en 1907 "Rêves et délires dans la Gradiva de Jensen", magnifique analyse qui tend à démêler le tissage savant et énigmatique du roman. Ajoutant sa pierre à l'édifice (et une copie du
bas-relief à son cabinet viennois), Freud fait ainsi passer Gradiva à la postérité, perpétuant par là l'entreprise de Jensen.
Perdue à jamais, prisonnière de la pierre qui glace ses contours, Gradiva est pourtant vouée à toujours se ranimer, à respirer d'un souffle nouveau, que ce soit dans l'esprit torturé d'un jeune archéologue ou dans l'imagination vibrante de ses lecteurs.
Images fascinantes
Mais n'est-ce pas après tout le destin de toute image que de fasciner ainsi, de provoquer l'amour et la mort, de
s'incarner dans le regard désirant de son spectateur? Il
suffit de repenser à Pygmalion et Galatée, à la Vénus de Cnide, au "Portrait de Dorian
Gray" (O. Wilde) ou à celui de "Laura" (O.
Preminger) pour s'en convaincre...
L'association GRADIVA (Groupe de recherche sur les arts, les images et leurs variations), loi
Cette association de jeunes chercheurs en esthétique et sciences de l’Art a pour objet la promotion de la recherche et l’organisation de journées d’étude publiques ainsi que la publication des actes de ces journées
Les domaines de recherche sont ouverts à tous les arts de la représentation, du théâtre à la peinture, du cinéma à la littérature, de la bande-dessinée à la sculpture,..
Le site permettra la promotion des journées d'études consacrées chaque année à un thème particulier. Il offre aussi la possibilité de mettre en ligne les articles des différents chercheurs .





